Delighting Views on the iPad

The original post was released on imphotonow.com with URL: imphotonow.com/2010/01/delighting-views-on-the-ipad, and it has been very slightly edited to fit this blog format. Updates and revisions are commented out accordingly.

So the party is over, and everybody is waking up with the usually mixed feelings, debating whether the wait was after all better than the catch. In the particular case of Apple, we have seen the usual comments ranging from the self-congratulation « I predicted it »’s to the disappointed over-expectations made on feature lists. And after all, while the party is over, another wait just begins, with a new array of thoughts about how long the AppleStore queues will be in 60 days.

Of the most interesting comments I could read (I switched off really quickly from « real time » video coverage that was both empty and self-flattering), a few key points shall imho cut through the obfuscatory “missing feature” bashing or the “I want it” enthusiasms

1. It’s the user experience, stupid

It’s definitely not about features. Apple has by now made us used to products that are designed by engineers for the mass market, while most of the rest of the industry still sells products designed by mass marketers but at the end of the day suited for engineers.
I myself would have loved to see a camera in the device (even read intelligent comments like « after all, it’s just $1 additional to the BOM » – but they miss the point), then started to wonder about the practicality of the form factor for such a camera…

Apple’s omissions in the feature list may be disappointing, they are conscious by necessity, and have been certainly given lots of thoughts. Like Mashable’s Stan Shroeder, we might miss a big point if we think we would have done this better. Remember great design is about choice, and about deliberate omissions. Who recalls by now that the iPhone lacked copy/paste, MMS support, or GPS for a while ?

So I expect this all will be balanced or offset by the experiences in browsing, reading, emailing, as happened with the iPhone thanks to a superior design in each feature and a superb integration across them. Paradoxically, that last part reminds me of what Apple was trying to achieve already in 1994 on the Newton: I was lucky enough to work on the platform at the time and remember very well that despite mid-90’s hardware limitations (and probably a form factor error – apparently proven by the Palm Pilot later success), the NewtonOS was already bringing coherence and even cohesion across applications in order to strengthen the sum of the parts…

2. It’s the industrial approach, stupid

As I previously wrote, Apple products are designed by engineers. The real stunning part of this week’s announcement is how Apple is apparently pushing hardware/software integration to the next level. Very few people noted at the time that the iPhone was the first hardware platform deliberately dimensioned to host 3 consecutive major releases of an operating system. That the unique form factor choice (as opposed to the usual bet hedging, try-it-all spread from other phone vendors) allowed not only economies of scale, but also predictability for application vendors (anybody who developed S60 apps is probably smiling at these lines).

The same industrial approach prevails in the use of aluminum, where Apple now has gained great design skills through its line of MacBooks, as well as probably in the casing and shaping which gives the iPad an immediate proximity with the rest of the Apple family.

In the iPad case, Apple is again playing the one (new) size fits all game and we shall expect such form factor to be maintained across the following revisions (there will be revisions for sure, the whens and the whats will be secrets as always, but we can expect some of the missing items in our shopping lists to be ticked once Apple has adapted the user interface : a camera – probably front end for video calls -, mat charging – or transparent solar panels – …

Meanwhile, the form factor itself will open a vast array of possibilities when (re)designing applications for the iPad, as evidenced in the effort that Apple undertook themselves for existing applications as well as for the new iWork suite. (Incidentally, iWork on iPad will provide an interesting answer to some naysayers who have been claiming for the past decade that a good smartphone was a smartphone where you could edit Word documents, Excel spreadsheets, and PowerPoints on the go)

A few people noted the appearance of Apple’s own processor design to power the iPad while avoiding a drain in power. The chip must be very optimized in order to keep the device up for 10 hours, yet very powerful to keep the graphics flowing across such a large screen, and more difficult to compare with anything else by the still kicking megahertz myth.

Quel rapport au temps pour le chrétien ?

Le texte ci-dessous a été initialement publié comme « éditorial » sur le site des Conférences de Samarie en Mai 2009. Il a été remis à jour et enrichi suite à l’annonce du décès de René Girard à Stanford le 4 Novembre.


« Je parle des pierres nues, fascination et gloire , où se dissimule et en même temps se livre un mystère plus lent, plus vaste et plus grave que le destin d’une espèce passagère. Elles sont d’avant l’homme. Elles ne perpétuent que leur propre mémoire. »

Roger CAILLOIS, in « Pierres »

Le texte ci-dessus, tiré d’un recueil de poésie de l’écrivain et sociologue Roger Caillois, provoque de manière surprenante et décalée cette question du temps, qui, à l’échelle de l’instant, de la minute, d’une vie humaine ou de l’éternité, nous déroute par son universalité, son acuité, et sa complexité.

UNIVERSALITE

Le rapport au temps est d’abord une structure très fondamentale, enfouie à la fois dans tout homme et dans toute culture humaine, qu’on peut considérer comme facteur de civilisation :

– le temps est une manifestation du monde physique, de l’irréversibilité de certains processus et de certaines transformations dont nous pouvons faire l’expérience
– Il s’agit d’abord de l’apprivoisement politique, économique et religieux des multiples cycles de la nature (y compris de la nature humaine)
– On peut ensuite y superposer la capacité de projection individuelle de l’homme dans un lendemain à préserver ou à construire; de là découleront la plupart des grands fondamentaux économiques liés à l’épargne, à l’investissement, jusqu’aux mécanismes les plus élaborés du financement de l’avenir – avec leurs dérives récentes.
– La question du temps pose enfin celle du terme, présente au coeur de la plupart des spiritualités et des religions. Comme Mircea Eliade l’a très bien démontré dans « Le Mythe de l’Eternel Retour« , la mythologie du temps s’exprime d’abord sous forme cyclique dans la plupart des systèmes religieux archaiques, et le recommencement perpétuel est plutôt un gage de stabilité qu’une source d’espérance.

ACUITE

La minorité « moderne » de notre humanité a fait de cette question du rapport au temps le lieu des souffrances (psychologiques, sociétales) les plus aigües et des espoirs les plus fous.

Nous cherchons tous à gagner du temps sans comprendre à quel point il est fondamental de savoir en perdre, avons remplis tous nos petits moments d’ennuis par des outils et systèmes de divertissement et de communication, et sommes nous mêmes effarés de voir combien nos enfants sont capables d’un fonctionnement en multiplex/multitâches qui nous déroute.

Ainsi, dans le métro, combien de personnes sont-elles aujourd’hui présentes dans une rame, qui ne sont pas absorbées par la lecture d’un journal, la consultation d’un écran, ou l’écoute de musique, à moins que ce ne soient les 3 à la fois ?

Il devient en effet quasi essentiel de vivre à fond chaque instant, ce qui souvent revient à essayer d’en vivre plusieurs à la fois, et même dans certains cas à distance.

Nos sociétés vivent pourtant selon des rythmes plus ou moins artificiels et plus ou moins entretenus, à l’échelle de la journée, de la semaine ou du mois, et paradoxalement, nous avons toujours besoins de « rendez-vous » tout en voulant pouvoir y échapper : la délinéarisation dans la consommation de certains média, les podcasts, la catch-up TV sont autant de moyens d’échapper à un rythme dicté par d’autres, mais pour immédiatement essayer de recréer le sien propre.

Enfin, sur le long terme, on ne peut que constater l’importance croissante de la question du temps, ou plus précisément celle de ses effets sur le corps et l’esprit humains, que l’on cherche à atténuer ou du moins à masquer. Cela a commencé avec l’ensemble des soins et produits destinés à modifier la perception de l’âge, des cosmétiques jusqu’à la chirurgie esthétique qui dans certaines cultures est totalement banalisée: au brésil, il n’est pas rare de se voir offrir une paire de seins pour ses 18 ans…

Aux Etats-Unis, certains illuminés fortunés tentent déjà, à la suite de Ray Kurzweil (Innovateur reconnu et respecté – on lui doit l’orgue électronique, la reconnaissance optique de caractères, les bases de la reconnaissance vocale – et chantre de la Singularité) de ralentir suffisamment le processus de vieillissement de leur personne afin d’être encore en vie lorsque, selon eux, la science aura fait suffisamment de progrès pour envisager la séparation de l’esprit et de la matière, et par conséquent le maintien indéfini de celui-là !

COMPLEXITE

La question du temps est le fruit d’une superposition de très nombreux cycles d’échelle très différentes ; des cycles naturels (le jour, le mois, l’année) se superposent à d’autres cycles économiques (de quelques années à quelques dizaines d’années selon Kondratieff), et certains cycles climatiques commencent à peine à être compris.

Le politique est quant à lui singulierement limité, en tout cas dans les démocraties, par l’horizon des mandats, en voie de raccourcissement ; tout ce qui engage au delà d’un terme électoral est un risque que l’élu tend de moins en moins à considérer, et seuls quelques régimes autocratiques continuent de susciter à la fois admiration et indignation dans leur capacité à conduire, de manière cohérente et à très large échelle, des politiques à 25 ou 30 ans.

Au delà de cette durée se trouve l’horizon de la génération (qu’on pourrait définir par la prise de conscience simultanée par les parents et les enfants de vivre dans le même monde, même si c’est de manière radicalement différente), qui touche à la démographie, elle-même quasi hors de la portée de l’action politique.

Raisonner en utilisant la génération comme « unité de compte » permet cependant d’appréhender de très grandes durées qui sinon ne signifient rien pour l’esprit humain. C’est une intuition géniale de Derrick de Kerkhove qui en 2008 permet de représenter sur une seule planche les principaux progrès technologiques de l’humanité afin d’en mettre en valeur l’accélération : dire que le langage avait traversé 1700 générations, que l’écriture en avait transformé 300, et que Gutenberg en a façonné 35 est autrement plus parlant que de raisonner en dizaines de millers d’années ! Je lui ai emprunté cette approche que j’ai remise à jour et dont je me sers pour sensibiliser nos contemporains comme par exemple ici au Centre des Hautes Études du Cyberespace (le CHECy).

Accélération technologique - Conférence inaugurale du CHECy

Accélération technologique – Conférence inaugurale du CHECy

Ce triple regard sur l’universalité, l’acuité, et la complexité du rapport au temps peut d’ailleurs nous conduire à nous demander si la crise actuelle que traverse notre monde n’est pas aussi une crise de désynchronisation d’horizons qu’on avait cru pouvoir aligner pour mieux valoriser toute chose et tout bien.

ACCELERATION

Cette crise de désynchronisation est en outre aggravée par la nature exponentielle de l’accélération numérique, qui vient percuter nos capacités de projection et d’anticipation structurellement et culturellement linéaires, acquises somme toute récemment comme l’indiquait Mircea Eliade. La perception de la « flèche du temps » et les mécanismes de projection dans l’avenir, qui fondent à leur tour les logiques d’investissement et de crédit, n’ont qu’une paire de milliers d’années.

A mesure que le numérique dévore le monde et gagne toute l’économie, s’imposent les lois de puissance dont les plus connues sont celle de Moore et de Metcalfe. Une de leurs conséquences inattendues, au delà de la pénétration foudroyante des smartphones et des services numériques associés, au delà même, de la domination des « GAFA », est l’obsolescence programmée de nos modèles et démarches de prévisions, handicapés qu’ils sont par une approche purement linéaire. Le bras tendu vers l’objectif en est une parfaite illustration.

Une légende, que l’on retrouve dans toutes les civilisations qui se sont appropriées le jeu d’échecs, met en scène un puissant (Roi, Empereur, Sultan) et un mercenaire, qui demande pour rémunération d’un immense service rendu une récompense singulière et en apparence dérisoire : l’échiquier sur lequel ils jouent, sur la première case duquel sera posé un grain (de riz, blé, … selon le contexte culturel). Deux sur la deuxième. Quatre sur la troisième… La légende raconte que le puissant s’esclaffe puis accepte, et s’aperçoit trop tard que tous ses greniers vont y passer, le tas obtenu sur la dernière case faisant à lui tout seul plusieurs fois la hauteur de l’Everest !

Quel rapport au temps pour le chrétien ?

Cette légende, illustrée ci-dessus, a été reprise par Ray Kurzweil pour illustrer la loi de Moore et ses effets depuis les 3 dernières décennies. Sa métaphore de « la deuxième moitié de l’échiquier » peut aider à saisir la difficulté qu’il y a à prevoir au delà de quelques années. D’autre part, c’est à partir de la deuxième moitié de l’échiquier que les quantités échappent à l’entendement humain : la dernière unité de compte avec laquelle nous soyons à l’aise est le milliard. Qu’il s’agisse de la population humaine, de l’âge de l’Univers, des profits des GAFA ou des déficits budgétaires européen, ou encore des fortunes de nos plus brillants entrepreneurs, on compte, on parle, on raisonne, on envie en milliards.

Au delà, toute comparaison devient impossible. Plus personne n’est capable de se représenter un Tera Octet, un Exaflop, et de nouveaux termes devront être prochainement définis pour accompagner les expressions de la loi de Moore dans le calcul comme dans le stockage.

Quel rapport avec le temps ? Précisément le fait que l’accélération exponentielle propre à l’économie numérique et à la diffusion du numérique à toute l’économie rend la prévision très difficile et les succès des innovations de plus en plus rapides. Il a fallu 4 ans à Wanadoo pour atteindre son premier million d’abonnés, mais 35 jours seulement à Angry Birds pour atteindre 50 millions de joueurs. L’innovation se déploie désormais plus vite que nos rythmes d’absorbtion individuels (et a fortiori collectifs) ; il est donc normal qu’aucun de nos éditorialistes attitrés n’aient « prévu » Über ou AirBnB parce que cela n’était pas possible.

C’est ce qui nous avait conduits à formuler un paradoxe temporel parmi ceux qui caractérisent l’économie numérique.

3 paradoxes de l'économie numérique - Rapport "Quartiers Numériques" de la CDC - Juin 2013

3 paradoxes de l’économie numérique – Rapport « Quartiers Numériques » de la CDC – Juin 2013

On y retrouve l’enjeu d’une gestion extrêmement complexe d’horizons de temps de plus en plus courts (ceux de l’innovation numérique) et les constantes de temps plus longues que sont le temps politique (mandats de 5 ans amputés de périodes pré et post électorales), le temps de l’investisseur (7 à 10 ans), et le temps de la génération d’entrepreneurs qui reviennent au pays après avoir fait fortune (7 à 12 ans environ).

ET POUR LE CHRETIEN ?

Dans ce contexte, le chrétien me semble être à la fois porteur de modernité, et gardien d’une sagesse.

Porteur de modernité, car par son regard porté sur la fin des temps, et donnant sens à l’histoire humaine, le christianisme est sans doute, dans le prolongement du judaïsme, le premier système de pensée à briser les spirales de l’éternel recommencement, permettant d’envisager que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, et ouvrant par conséquent la voie aux mécanismes de l’économie moderne.

Au delà de l’attente du salut, le christianisme est également porteur d’un regard sur l’histoire, marquée par l’avant et l’après Jésus-Christ, au terme de la patiente éducation du peuple hébreu par son Dieu.

Par l’historicité de l’incarnation, Jésus place le Royaume ici et maintenant, et invite chacun d’entre nous à le suivre dès ici bas, dans notre quotidien. La disponibilité à l’autre ne commence-t-elle pas par la capacité à brûler du temps pour et auprès de lui ? Veiller un malade nous ancre dans la présence et non dans l’agir. Dans les Evangiles, Jésus manifeste le plus souvent sa présence dans l’écoute et le silence…

Enfin, par la promesse du salut, le Christ nous donne également un horizon ultime, au delà de toute vue humaine, et nous rappelle l’importance et la valeur de chaque instant, de chaque rencontre, de chaque acte d’abandon à la Providence Divine.

C’est cet horizon qu’a rejoint l’auteur de « Des choses cachées depuis la fondation du monde » en retrouvant – je lui souhaite – son Créateur.

Bad Day mpeg video broke out in early 1999

So old and still arechetypal of the fake/true office cubicle fun…

This video actually spread by email across the internet 6 years before YouTube started (and therefore it is impossible to count how many times it was viewed), and at a time when file size mattered more than screen size as email was the main delivery vehicle.

Le Paradigme de l’Oisillon

Le « Paradigme de l’Oisillon » a été écrit il y a 13 ans. A l’époque les connections internet n’étaient encore ni permanentes ni rapides, la première bulle commençait à peine à se former, et l’analyse proposée était encore très marquée « telco » avec un centrage sur les annuaires de personnes qui préfigurait toutefois l’aventure Ukibi, puis l’avènement des réseaux sociaux.

Remplacez d’ailleurs « annuaire de personnes » par « graphe social » dans le propos et je pense que le sujet reste d’actualité. Il conviendra bien sur d’en éprouver la pertinence en regardant si le « Paradigme » éclaire d’une quelconque manière la guerre en cours entre Google+ et Facebook…

2 Mai 1996 – Lancement de la version 1 de Wanadoo

Le 2 Mai 1996, après de longs mois de préparation dans les locaux de France Telecom Interactive à Malakoff (Rue Étienne Dolet), et une dernière nuit de correction « à la main » du code HTML 1.0 des pages majoritairement statiques du site, Wanadoo ouvrait ses portes au public.

Le premier abonnement reçu au service clients fut celui de Serge Soudoplatoff, abonné fondateur, et auteur du blog Almatropie.

Voici une achive de l’arborescence statique du service web: http://www.dewost.com/heavy/woo_v1/html/index.html

Woo_v1_home_page